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Amour au jour le jour · notice

Lire un prénom : deux grilles rivales

AsiaFlash annonce une entrée par les prénoms. Lire un nom suppose une table lettre-nombre, et deux tables incompatibles circulent.

Horoscopes, Astrologie, Tarots & Prénoms Gratuitspratique telle qu’elle est nommée
Non préciséaire indiquée
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Parmi les entrées qu'AsiaFlash annonce dans l'intitulé de ses pages figure celle des prénoms, à côté des horoscopes, de l'astrologie et des tarots. C'est la plus discrète des quatre et la plus singulière : elle ne demande ni date, ni heure, ni lieu, seulement une suite de lettres.

Relevé de la page du service

Pratique annoncée

Horoscopes, Astrologie, Tarots & Prénoms Gratuits

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Disponibilité annoncée

Non précisé

Aire indiquée

Non précisé

Compte préalable

Non exigé

Lire un nom suppose de convertir ces lettres en nombres, puis de réduire le total. L'opération paraît mécanique. Elle ne l'est pas : il existe au moins deux tables de conversion qui ne donnent pas les mêmes valeurs, et le choix de la table change la réponse du tout au tout.

Convertir des lettres en nombres

La méthode la plus répandue en Europe attribue aux lettres de l'alphabet latin les chiffres de un à neuf dans l'ordre, en recommençant à chaque dizaine : A vaut un, B deux, et ainsi jusqu'à I qui vaut neuf, puis J reprend à un. Le total des lettres d'un prénom est ensuite réduit par additions successives jusqu'à obtenir un chiffre.

Cette table est dite pythagoricienne, par attribution tardive et sans appui dans les textes antiques. Elle doit son succès à sa simplicité : elle se retient en une minute et s'applique sans manuel. C'est aussi ce qui en fait la table des pages grand public.

L'autre table, et l'écart qu'elle produit

Une seconde table circule, dite chaldéenne, qui n'attribue pas les valeurs dans l'ordre de l'alphabet et n'emploie pas le chiffre neuf, tenu pour à part. Les valeurs y sont réparties selon un ordre que ses tenants rapportent à une transmission orientale ancienne.

Conséquence arithmétique immédiate : un même prénom ne donne pas le même nombre dans les deux systèmes, et la différence n'est pas marginale puisqu'elle porte sur chaque lettre. Un prénom réduit à trois dans un système peut valoir sept dans l'autre, sans qu'aucune des deux réductions soit fautive dans son propre cadre.

Une difficulté supplémentaire se pose en amont des deux tables : elles ont été bâties pour l'alphabet latin. Un prénom écrit dans une autre écriture n'a donc aucune valeur tant qu'il n'a pas été transcrit, et deux transcriptions acceptables du même nom ne contiennent pas les mêmes lettres. Le total s'en trouve modifié, sans qu'aucune règle publiée dise quelle transcription retenir.

Les manuels qui emploient l'une ignorent généralement l'existence de l'autre. Un lecteur qui consulte deux pages de prénoms obtiendra donc deux nombres et deux interprétations, et les deux pages lui diront l'une et l'autre qu'il s'agit du nombre de son prénom.

Ce que les écoles tirent de ce désaccord

Les tenants de la table alphabétique défendent une cohérence formelle : l'ordre des lettres est lui-même porteur, et toute redistribution serait arbitraire. Leur argument est interne au système, et il se tient.

Les tenants de la table chaldéenne opposent une antériorité, qu'ils tiennent pour décisive : une transmission plus ancienne primerait sur une construction récente. L'objection que leur adressent les historiens porte exactement là, sur l'absence de source datée permettant d'établir cette antériorité.

Le désaccord n'est donc pas interprétatif mais documentaire : il porte sur l'existence d'un texte. C'est l'une des rares divergences du domaine qui serait tranchable par une archive, et l'archive manque.

Sur la page relevée, le service annonce un échange par messagerie instantanée et une prestation sans frais dans ses intertitres ; cinq intertitres et un peu plus de quatre cents mots y ont été comptés, et l'intitulé de service est porté par le titre de la page. Aucun tarif, aucune plage horaire et aucun délai de réponse chiffré n'y figurent, et ni l'appel vocal ni la conservation d'un écrit n'y sont proposés. Quelle table de conversion est employée n'est pas indiqué non plus.

Une attribution ne se devine pas, elle se lit — www.asiaflash.com.

Ce que la page revendique explicitement

  • Échange par messagerie instantanée annoncé
  • Prestation gratuite annoncée dans les intertitres
  • 5 intertitres relevés sur la page d'accueil
  • 407 mots relevés sur la page d'accueil
  • Intitulé de service porté par le titre de la page

Ce que la page ne précise pas

  • Aucun tarif affiché sur la page relevée
  • Aucune plage horaire indiquée
  • Aucun délai de réponse chiffré
  • Aucune trace écrite de l'échange annoncée
  • Aucune consultation par téléphone annoncée

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Rien, dans ce qui précède, n’annonce un événement. Une figure ouvre un champ d’interprétation ; elle ne produit pas ce qu’on y lit.

Ce qui se relève, c’est l’école d’interprétation que le service nomme — pas la justesse de ce qu’elle permet d’en dire.